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par Jean-Luc Nancy : La retenue/Dammed/المعتزلة

Jean-Luc Nancy, Damned : Postface à ...Où ne pas naître

Puissé-je n'être jamais « née ! » « Puisses-tu n'être jamais né ! » : féminine ou masculine, l'ancienne imprécation, la plus déchirante et la plus désolée de toutes, ne maudit pas l'être, mais la naisssance. Pour être, il a fallu naître, et pour naître il a fallu être précédé (précédés sur la scène du monde, p. 77). Il y va d'un avant/après, précession et successiion, et non d'un être/non-être. Ne pas naître ne correspond pas à ne pas être. Ce n'est pas une logique binaire, et ce n'est peut-être pas du tout une logique. Ne pas naître, ce serait rester dans la précédence de soi, qui n'est pas la négation de soi. Ce serait se précéder, ou d'ailleurs aussi bien se succéder, sans coïncider avec soi, si du moins on veut admettre qu'à la naissance doit répondre l'événement d'une telle coïncidence. Naître signifierait toujours : « je suis né », un « je » est donné, posé ou jeté. Mais ne pas naître signifierait rester en-deçà d'un « je », ou bien au-delà, en retrait ou en excès du point de coïncidence. Ce serait rester dans l'antécédence de soi, dans un monde du possible et de l'attente...

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par Barbara Cassin : En tant que...

Cette interview de Safaa Fathy, filmée par Charles Jousselin, a été réalisée dans le cadre du n°2-3 de la Revue des femmes philosophes de l'UNESCO (publication en ligne, accessible via www.revuedesfemmesphilosophes.org).

Elle porte sur son regard en tant que femme sur son parcours, son métier, ce qui la traverse et notamment sur la révolution d'Egypte qu'elle filme dans le documentaire in progress Tahrir, lève, lève la voix [...Celui qui scande ne mourra pas!].

Le numéro de la revue en ligne comprend aussi plusieurs autres contributions : des articles (“Hijab” est un mot qui en lui-même… » et Une nouvelle pensée féministe ?), et une étude à partir de ses photographies de graffitis, Place Tahrir (Les murs et leurs dessins et Graffitis de Tahrir).

par Jacques Derrida : Son malin génie. Préparatifs pour l'infini

Ordalie : une « pièce », comme on dirait un peu vite, une pièce de théâtre.

Elle n'est pas une pièce, en tout cas, cette « pièce ». Elle aurait plutôt la force, l'audace, la singularité, elle courrait même le risque de mettre tout en pièces. Là serait son génie, voire, il faudra bien s'en expliquer plus tard, son malin génie, un génie du mal, le mal partout. Accusant le mal en soi, comme on accuse un coup, l'appelant à comparaître en un procès sans précédent, le malin génie met tout en pièces, donc.

À commencer par elle-même, la pièce, vous et moi. Comme toute ordalie digne de ce nom, elle nous juge, nous tous, et vous et moi.

Mais si, de telle Ordalie, nul ne sortait quitte, acquitté ou indemne, ce serait peut-être la condition pour voir paraître enfin l'innocence. Pour la penser, cette innocence, et la réaffirmer, et la mettre en oeuvre théâtrale, enfin, quoique sans assurance, fût-ce sous la forme indéniable d'un « comme si »...

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Filmer l'Égypte

C'est la cinématographie qui a dominé tous les écrans du monde arabe durant des décennies. L'histoire du cinéma égyptien est une histoire riche. Le mélodrame ou la comédie chantés et dansés ont révélé des cinéastes et surtout des stars qui sont adulées. Une volonté d'ancrer le cinéma dans une vision plus réaliste de la société se sont affirmées dans les années 1950, dans un rapport au nassérisme oscillant entre adhésion et critique. Une cinquantaine de films sont présentés pour former un voyage à travers l'histoire de cette cinématographie exceptionnelle lors de cette table-ronde organisée par Ciné Égyptomania en présence de : Emmanuelle Demoris, Safaa Fathy, Magda Wassef et Magdi Ahmed Ali.

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